Bernadette Khalil, du Liban au Québec

Aujourd’hui, je suis principalement intervenante en soins thérapeutiques. Mais c’est la danse orientale qui fut à la base de mon cheminement et de mon parcours professionnel.

D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours été imprégnée par la danse telle qu'on la pratique dans mon pays natal, le Liban. Dès l'âge de 10 ans, j'enseignais déjà la danse orientale à des amis.

Puis, la guerre est arrivée et j'ai dû interrompre mes cours. Je ressentis alors un grand vide, un manque, car je n'avais personne avec qui partager ma passion.

Mes parents ont émigré au Canada pour vivre dans un règne de paix alors que j'avais 16 ans. Aussitôt arrivée en sol québécois, je recommençai à donner des cours de danse orientale en privé.

Vers la même époque, je joignis une troupe de folklore libanais à Québec. La troupe organisa un spectacle qui représentait le Liban. Pour la première fois de ma vie, je me produisis en solo … devant quelque 5 000 personnes. Quelle expérience merveilleuse!

L'ouverture ainsi créée m'a donné le goût de fonder ma propre troupe de danse orientale, Phénicia. J'avais 18 ans. Les profits des spectacles étaient convertis en dons acheminés au Liban ou en soutien à des activités libanaises à Québec. C'était le prélude à la Fondation que j'ai mise sur pied quelques années plus tard pour venir en aide aux familles libanaises victimes de la guerre.

Par la suite, soit vers l'âge de 20 ans, j'offris des cours de danse orientale à des groupes. Les cours ont été donnés aux loisirs de Charlesbourg, au Centre psycho corporel Marguerite-Bourgeois et aux loisirs de la Ville de Sainte-Foy. J'ai également enseigné au collège Jésus-Marie.

Au fil des années, j'ai eu le plaisir de donner de nombreux ateliers et spectacles au Québec, dont le Festival d'été de Québec, et aux États-Unis.

Par la suite, j'ai mis au point la technique Ikaa, qui est une méditation en mouvements. Ikaa signifie harmonie.

Depuis l'âge de 29 ans, j'ai décidé de mettre fin aux spectacles. J'ai trouvé une nourriture encore plus grande dans l'enseignement de la danse orientale.

Dans les années 90, j’ai développé une expertise en soins thérapeutiques. En combinant différentes approches et en créant ma propre technique, je réussis (Dieu merci !) à améliorer la vie intérieure et physique des personnes qui me consultent.

Je suis remplie d'une gratitude infinie à l'endroit des Québécoises et des Québécois qui m'ont accueillie et qui se sont montrés ouverts à ma danse et à ma pratique en soins thérapeutiques. Je suis honorée que mes élèves acceptent une danse qui n'est pas la leur et je me sens privilégiée et comblée d'avoir la chance de partager ainsi l'amour de mon pays.

Je salue leur générosité et l'ouverture de leur cœur. Mon enseignement est ma façon de leur rendre cette générosité.

De tout cœur, merci. Choukrane.

Bernadette Khalil